Communiqué de presse CDDH
Communiqué de presse
Réponse du Collectif pour la Défense des Droits Humains (CDDH) aux déclarations de la CICAD suite à notre pétition
Genève, le 16 mars 2026,
Sollicité par la presse au sujet de la pétition citoyenne demandant la fin du soutien public à la CICAD, son secrétaire général, M. Johanne Gurfinkiel, s’est exprimé dans plusieurs médias (RTS, Léman Bleu), qualifiant, à plusieurs reprises, notre démarche d’« excès » et d’« outrage ». Ne répondant jamais sur le fond, la CICAD tente une fois de plus de disqualifier ses contestataires par la dérision et la calomnie avec des propos graves.
Le CDDH tient à rétablir la vérité des faits et à démontrer pourquoi la position de la CICAD est incompatible avec une mission d’intérêt public dans nos écoles et nos institutions.
1. Sur “l’ADN” de la CICAD : « Le soutien à Israël n’est pas dans notre ADN » ?
M. Gurfinkiel affirme que l’accusation de soutien à l’État d’Israël « ne repose sur aucun fait » et nie que cela fasse partie de l’ADN de l’association. C’est un déni de réalité historique et statutaire.
- Les faits : le « D » de CICAD signifie explicitement « Diffamation ». Jusqu’en 2011-2013, la défense de l’image d’Israël figurait noir sur blanc dans ses buts statutaires.
- La pratique : même si la formulation a changé en surface, la pratique demeure. La CICAD intervient systématiquement pour criminaliser les mouvements de protestation aux actions du gourvenrnant isaelien : dénonciation du mouvement BDS, qualification de « zones judenrein » pour les lieux « Apartheid-Free Zone », attaques contre des journalistes ou des universitaires critiques envers Israël (dont un professeur juif de l’UNIGE, contre qui la CICAD a perdu par trois fois en justice pour diffamation).
- La contradiction : comment une organisation qui se dit « apolitique » peut-elle féliciter le Conseil fédéral pour sa politique envers Israël ou, à l’inverse, critiquer la Suisse lorsqu’elle vote des résolutions onusiennes condamnant les atteintes aux droits humains par Israël ? Ce deux-poids-deux-mesures prouve que la défense de l’État israélien et de son idéologie sioniste est une composante centrale de son action.
2. Sur l’amalgame antisionisme / antisémitisme : « Ce n’est pas le débat »Affirmer que la distinction entre antisionisme et antisémitisme « n’est pas le sujet » est précisément le cœur du problème. C’est cet amalgame qui nuit à la lutte contre le racisme.
- Notre position : l’antisémitisme est un racisme visant les Juifs en tant que tels. Le combat contre l’antisémitisme est une lutte essentielle que nous menons aussi, au même titre que contre toutes autres forme de racisme, d’autant plus dans un contexte mondial de montée des mouvements et des idéologies fascistes, racistes, antisémites, sexistes et xénophobes.
- Le problème CICAD : en assimilant toute critique du sionisme (idéologie politique) ou de la politique israélienne à de l’antisémitisme, la CICAD essentialise les Juifs, les rendant prétendument solidaires des actes de l’État d’Israël. Cela place la communauté juive dans une position intenable et instrumentalise la lutte antiraciste à des fins de propagande politique.
- La preuve par les textes : les outils pédagogiques de la CICAD et ses prises de position publiques confondent régulièrement critique légitime d’un État et haine des Juifs, contredisant ainsi les définitions reconnues par l’UNESCO ou la Déclaration de Jérusalem sur l’antisémitisme.
3. Sur le terme de « Génocide » et la hiérarchie des souffrances :
M. Gurfinkiel qualifie d’« antisémite » et de « déversement de haine » l’utilisation du terme génocide pour qualifier la situation à Gaza, se basant sur des exhibitions ou des slogans étudiants.
- La réalité juridique et factuelle : ce n’est pas le CDDH qui invente ce terme. La Cour Internationale de Justice (CIJ), des rapporteurs de l’ONU, ainsi que des organisations majeures comme Amnesty International, Human Rights Watch, B’Tselem et Physicians for Human Rights Israel ont établi l’existence d’un risque avéré de génocide à Gaza.
- L’indignation sélective : il est sidérant de voir la CICAD s’indigner des comparaisons faites par des militants tout en minimisant, voire en niant, les conclusions de ces instances internationales. Refuser de reconnaître la gravité des souffrances palestiniennes constitue une hiérarchisation des vies humaine inacceptable pour une organisation prétendant défendre les droits humains.
- Absence de plaintes : M. Gurfinkiel parle de « haine » et de « violence » sans citer de plaintes concrètes déposées pour les faits qu’il dénonce. Criminaliser la mobilisation étudiante et citoyenne sans preuves juridiques est une tentative d’intimidation.
4. Sur l’appel à la répression politique :
- En appelant à des « décisions politiques très fortes » et en mobilisant ses « amis », M. Gurfinkiel adopte une posture intimidante.
- Notre analyse : cette rhétorique ne vise pas l’apaisement mais la répression. Elle vise à faire taire le débat démocratique par la pression sur les autorités.
- Notre demande : nous ne demandons pas la censure de la CICAD, mais la fin de son financement public et de son accès privilégié à l’école publique. Une organisation qui tient des propos aussi tranchés sur un conflit international, qui utilise des stéréotypes dans ses bandes dessinées pédagogiques (associant musulmans et radicalisation) et qui refuse de reconnaître les droits du peuple palestinien ne remplit pas les critères de neutralité et d’universalité requis pour intervenir auprès de nos enfants.
Conclusion : La CICAD prétend agir pour la « vérité et la justice ». Or, ses actions révèlent un lobbying politique qui instrumentalise la lutte contre l’antisémitisme pour défendre une idéologie politique et un État étranger.
Le CDDH réitère sa demande aux autorités genevoises :
1. révoquer immédiatement l'accord permettant à la CICAD d’intervenir dans les établissements scolaires.
2. ne plus considérer la CICAD comme un partenaire fiable dans la lutte antiraciste.
3. supprimer les subventions à la CICAD.
La pétition reste ouverte à la signature :
